370 CHAPITRE X VERTU DE LA DOULEUR ou COMPASSION De la douleur ou compassion, dixième vertu de la Vierge mentionnées dans l’Évangile, que vous devez avoir et en laquelle vous devez imiter la Vierge de trois manières. La Vierge Marie fut toujours très affligée et très remplie de compassion pour la mort de son Fils. Et, pour plaire à Dieu, par le mouvement de sa compassion pour son Fils, elle pensa, dit ou fit ce qui suit : elle repassa souvent dans son esprit les paroles de Siméon : « Vous-même, un glaive transpercera votre âme » [Cf. Lc 2,35] Elle se tint près de la croix de son Fils mourant [Cf. Jn 19,25] ; elle considéra souvent les plaies de son Fils et, quatrièmement, elle fut assidue à visiter les lieux de sa Passion. À l’exemple et à l’imitation de la Vierge, pour plaire au Christ, les âmes consacrées à Dieu doivent porter constamment dans leur cœur le bouquet de myrrhe. C’est que cette vertu de la croix est la dixième, la dernière et finale ; en elle consiste la perfection de nos âmes, tant qu’elles vivent en cette vallée de misère. Pour posséder plus parfaitement cette grâce de la croix et cette vertu de compassion pour Jésus crucifié et pour la Vierge Marie [Cf. Eph 4,24], elles considéreront que cette grâce de la croix ne se rencontre point en la terre de ceux qui vivent dans les délices [Cf. Jb 28,13]. Aussi l’âme qui désire parvenir jusqu’à cette grâce de la croix, doit considérer qu’il est nécessaire qu’elle vive dans l’abstinence et la sobriété. Qu’elle mortifie son corps et le couvre d’un vêtement vil et rude, afin de n’avoir de consolation qu’en son seul Époux, et que, jusque dans ses habits, reluise sa mort. Appendix
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