369 Pour posséder plus parfaitement cette vertu, elles considéreront qu’un monastère où les personnes ne s’aiment point est le monastère du démon, que le Christ n’y habite pas, car il a établi son tabernacle dans la paix [Cf. Ps 75,3], et que, sans l’amour, tout ce qu’elles font, elles le perdent. Qu’elles fassent donc tous les jours le « sermon de la paix», selon la première dévotion de la Vierge ; c’est-à-dire, qu’elles établissent toujours la paix entre elles, réconciliant celles qui seraient en contestation, les excusant toutes, et se faisant toujours les avocates de la paix. Qu’elles pardonnent toujours aux autres leurs offenses, si elles veulent que Dieu leur pardonne les leurs [Cf. Mt 6,1415]. Qu’elles ne voient même pas les fautes d’autrui, mais gardent toujours leurs propres péchés devant les yeux [Cf. Mt 7,1-5] ; car telle est la condition de la vraie charité et humilité. Que le Supérieur soit en souci et ne donne pas de repos à ses yeux qu’il n’ait, par la réconciliation des personnes entre elles, apaisé les discordes, éteint les dissentiments, mis fin aux discours nuisibles à la réputation ou contraires à la charité ; car la langue médisante a perdu beaucoup d’âmes. Envers les malades, que l’on exerce une plus large charité et miséricorde, en sorte que les personnes bien portantes traitent et servent les malades comme elles voudraient raisonnablement être traitées et servies, si elles-mêmes étaient malades [Cf. Mt 7,12]. Elles doivent pourtant considérer que les vertus sont sœurs, et ne doivent surtout pas bannir de leur monastère « sœur charité ». Règle des dix plaisirs ou Des dix vertus évangéliques
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