52 sans ses, sans signification, il va, pour ainsi dire, dans l’infini de la plénitude du manque»7 afin d’entrer dans une communion réelle avec Dieu qui a les meilleurs plans pour sa vie à lui et pas seulement pour la sienne. Homme consacré dans la confrontation avec le miroir brisé de la civilisation occidentale8 Ce n’est pas un hasard si, dans l’Exhortation apostolique post-synodale Vita consecrata déjà citée, saint Jean-Paul II nous a rappelé de façon extraordinairement claire que les traces de Dieu effacées dans le monde contemporain révèlent encore plus intensément le besoin urgent du témoignage prophétique de toutes les personnes consacrées (cf. VC 85). En effet, autant les hommes consacrés deviennent, rien que par leur présence, un signe d’opposition au relativisme moral de l’homme du XXIe siècle, leur vie spirituelle et apostolique devient toujours plus inutile pour le pragmatisme de ce même monde, qui, comme le disent aujourd’hui non seulement les théologiens, sociologues ou spécialistes de la culture, mais aussi, par exemple, les physiciens, devient tout simplement sauvage sans Dieu. Ainsi, dans le contexte plus large, propagé par divers organismes, de la vision d’une société ouverte et d’un athéisme pratique, le signe d’une vie consacrée peut s’avérer être un tournant pour le «miroir brisé», miroir dans les éclats duquel se regarde le monde d’aujourd’hui»9. Dans les pages de l’histoire de l’Église, nous voyons de nombreux exemples d’hommes courageux et emplis de l’esprit de Dieu, grâce à la cohérence desquels, dans la révision évangélique de la vie de leurs contemporains, ont survécu des communautés et des sociétés concrètes. Parmi ces hommes de Dieu, citons Clément, quatrième évêque de Rome après Pierre, Linus et Anaclet, auteur de la longue Lettre aux Corinthiens, ainsi qu’Ignace, troisième évêque d’Antioche après Pierre et Evodius, qui a démasqué la fausse doctrine au sujet du Christ dans, notamment, sa Lettre à l’Église d’Éphèse. On ne peut omettre de mentionner l’évêque Meliton de Sardes, à qui nous devons le canon catholique de l’Ancien Testament, ou 7 Z. Kiernikowski, Formacja wiary [Formation de la foi], op. cit., p. 15. 8 Le terme «miroir brisé» vient du livre de W. Roszkowski, Roztrzaskane lustro. Upadek cywilizacji zachodniej [Le miroir brisé. Chute de la civilisation occidentale], Biały Kruk, Kraków 2019. Dans ce livre, le professeur Wojciech Roszkowski fait le point sur la civilisation occidentale, analysant notamment de nombreuses manifestations de décadence et dénonçant l’hypocrisie des penseurs «progressistes» contemporains qui, en rejetant l’héritage de la civilisation et de la culture occidentales, conduisent à son effondrement. 9 W. Roszkowski, Roztrzaskane lustro [Le miroir brisé], p. 7.
RkJQdWJsaXNoZXIy MjI2Mw==