Constitutions et Directoire Des Peres Mariens

340 2. Que chaque supérieur se souvienne de cette sommation du Saint-Esprit : «On t’a choisi pour présider ? Ne prends pas de grands airs. Sois un simple convive parmi les autres. (Eccl. 32,[1]). C’est pourquoi, non pas comme maître, mais comme modèle pour le troupeau [cf. 1 P 5,3], qu’il donne d’abord l’exemple de ce qu’il entend commander par la parole, en gardant le droit en égal avec tous, et pas seulement en les surveillant ; doté de piété, de discrétion, de prudence qu’il refrène la ferveur par la douceur et la douceur par la ferveur, afin que, par trop de rigueur ou d’indulgence, il ne fasse pas de tort à la Congrégation mais qu’il l’aide. Qu’il n’impose pas à ses [subordonnés] des pénitences ou ordres sévères, imposant à chacun ce qui convient à sa force, ses talents et ses qualités. Car si les subordonnés sont tenus d’obéir sans parler, celui qui ordonne doit cependant veiller à leur imposer ce que chacun peut accomplir avec la gloire de Dieu et son propre mérite. 3. Quant aux subordonnés, qu’ils ne tourmentent pas l’esprit de leurs supérieurs, ni par leur audace ni par leur rudesse, mais qu’ils obéissent avec la plus grande douceur à leur volonté dans le Seigneur, en les respectant par amour plutôt qu’en les redoutant par crainte. Si cependant un supérieur semble à quelqu’un un peu négligent ou moins exemplaire, qu’il ne cesse pour cela de le respecter et de l’écouter à cause du Seigneur, car le Seigneur luimême observe : «Tout ce qu’ils peuvent vous dire, faitesle et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes. [Mt 23,3]. Car les supérieurs sont dignes d’une grande compassion, car en servant tous, ils sont parfois contraints de se négliger eux-mêmes. Aussi, que les membres prient toujours pour leurs supérieurs, afin que Dieu les éclaire, les guides et les garde dans Sa grâce.

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