93 mourir sans servir, sans se donner et sans faire la volonté du Seigneur Il est important de rappeler ces paroles de la jeune Irlandaise dans le contexte de la réflexion sur la vie et la mort de nos martyrs mariens durant la période communiste, les pères Fabian Abrantowicz, Andrzej Cikota, Eugeniusz Kulesza, Vladislovas Mažonas et Janis Mendriks Ils sont morts prématurément, n’ont pas vécu jusqu’à un âge avancé, et bien que leurs biographies aient été très différentes, chacun d’eux a donné sa vie dans l’amour du Christ et en servant ses frères Sans savoir qu’il lui serait donné de présenter au Christ le plus haut témoignage qu’est la mort en martyr, chacun d’eux a mûri durant sa vie, apprenant de diverses manières à donner sa vie par amour pour le Christ et l’Église Le père Fabian Abrantowicz (1884-1946) est entré dans notre Congrégation en tant qu’homme et prêtre mûr, âgé de 42 ans et de 18 ans de sacerdoce Il avait une position bien établie dans l’Église (doctorat en philosophie à Louvain, collaboration avec Mgr Łozinski dans l’organisation du diocèse de Mińsk et plus tard du diocèse de Pińsk, une série de postes ecclésiastiques importants), que, humainement parlant, il a perdue en entrant dans la Congrégation En tant que Marien, il a servi dans la mission très difficile du rite oriental à Harbin, rencontrant de nombreuses adversités et ne voyant pas les fruits spectaculaires de la mission sous la forme de conversions de masse ou de conversions d’orthodoxes vers le catholicisme Le père Abrantowicz a organisé un orphelinat pour garçons russes, transformé au fil du temps en lycée où les élèves et le personnel étaient orthodoxes Il ne s’agissait pas d’une activité prosélytique sous couvert de charité, mais du témoignage de la générosité de cœur du père Fabian et de sa volonté de servir chacun activement L’accomplissement du sacrifice du père Abrantowicz a été une enquête brutale du NKVD (Police politique communiste) Lwów et à Moscou, ainsi que sa mort dans une prison de Moscou Durant l’enquête, le père Fabian a donné de nombreuses explications sur ses activités, convaincu que les accusations portées contre lui découlaient d’une simple ignorance des enquêteurs Certains pourraient considérer cela comme naïf, c’était cependant le signe de la simplicité d’un homme juste qui ne voulait pas supposer une mauvaise volonté même chez ses persécuteurs
RkJQdWJsaXNoZXIy MjI2Mw==