Ad Honorem Immaculatae Conceptionis Mariae

15 la souffrance et le péché À la lumière de la foi, il découvre le sens de ses expériences et habille de prière les fruits de sa réflexion : Sois béni pour les siècles, Seigneur, et accorde, qu’après tant de mauvaises actions, je puisse accomplir le bien dans ma vocation, où je découvre en effet que, par moi-même, je ne suis capable d’aucun bien. Quant à toi, qui lis ceci, ne t’étonne pas que cela soit présenté par moi, car j’ai considéré qu’il était indigne de cacher les bienfaits de Dieu, et je voulais t’encourager à louer l’omnipotence de Dieu et Sa sollicitude pour nous. Que Lui appartiennent la gloire, l’honneur et la louange pour les siècles. Amen (SC, p 1407-08) L’auteur découvre que le pécheur est accompagné de Dieu bon et omnipotent, mais que s’il parvient à faire quelque chose de bien, cela ne peut finalement être attribué qu’à Dieu seul Cette vision quelque peu pessimiste de la condition humaine, à laquelle s’identifie le novice Stanislas, peut résulter de deux raisons : il fait un effort conscient pour s’humilier et régler ses comptes avec sa vie passée en tant que laïc, ou bien, à la lumière de l’Esprit Saint, il reçoit la capacité de percevoir les motifs de ses décisions et actions, par quoi il découvre leur insignifiance et leur imperfection Écrivant au sujet de son incapacité à faire le bien, ressentie subjectivement dans le contexte des effets objectivement bienheureux de ses actions (accomplissement des études, découverte de sa vocation religieuse, maintien de sa foi), le jeune Stanislas Papczyński ne peut les attribuer qu’à Dieu même uniquement Ainsi, le péché résultant d’une nature affaiblie, et non de décisions intentionnelles, ne constitue pas un obstacle pour Dieu, qui utilise l’homme pour son salut et pour les autres La deuxième sorte de mal, auquel s’affronte saint Stanislas, ce sont les échecs de la vie et l’expérience de l’humiliation qui en résulte : Je remercie donc Dieu d’avoir, par Sa volonté, été alors obligé par mes Parents à garder le troupeau, parce que (j’ose le déclarer avec une conscience tranquille) en restant dans les pâturages au milieu du troupeau, j’ai conservé une conscience pure et sainte ! Mon Seigneur ! Je T’en prie humblement, que cette Providence de Ta Majesté - ce que j’attends pour l’avenir et ce que je crois - me conduise jusqu’à la fin de la vie, afin que Tu sois glorifié dans toutes mes actions, mes pensées et mes paroles. Amen (SC, p. 1408) Papczyński ayant abandonné encore une fois l’école en raison d’un «découragement singulier», son père a décidé de l’envoyer s’occu-

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